Oups

Suite à une grosse panne de lecture ce lieu est resté en friches. Mais les choses vont mieux, donc au boulot ! 

Je vais quand même faire un petit résumé vite fait (non ça je sais pas faire) des lectures de ces derniers mois qui m’ont le plus marquée. Les genres sont variés et avec ma sinusite carabinée j’ai la flemme de faire un classement (encore plus une chronologie), ça risque donc d’être un peu décousu.

  • « La dernière reine : Victoria, 1819-1901 », de Philippe Alexandre et Béatrix de l’Aulnoit

Ce livre m’a vraiment posé problème. Tout d’abord, c’est censé être une biographie de la reine Victoria (d’Angleterre). J’y ai surtout vu la biographie de tous les hommes qui sont passés par sa vie. Albert son époux, Albert son fils aîné, son oncle Léopold (de Belgique), son secrétaire particulier indien, son garde écossais, … il y en a d’autres mais ce sont les principaux évoqués.

On y parle beaucoup d’hommes car Victoria est décrite comme une cruche finie, incapable du moindre self-control, capricieuse, soumise à n’importe quel homme qui passe, inculte, et avec un goût de chiottes pour la décoration (ça semble très important pour les auteurs puisqu’ils l’évoquent au moins trois fois, allez savoir pourquoi). Ces « qualités » me posent vraiment problème, puisque ce sont les qualificatifs qu’on a utilisé à l’époque pour décrire la femme en règle générale. Puérile, incapable de s’occuper d’elle-même, dont le rôle est d’avoir des enfants et de la fermer car son homme sait ce qui est bon pour elle. Mouais. A-t-on accolé à l’époque ces « qualités » aux femmes en raison de Victoria et de son tempérament, ou bien les auteurs ont-ils abusé des lectures victoriennes au point d’en oublier un certain recul ? Bonne question.

Ajoutez à cela une bonne dose de préjugés et de stéréotypes (les prussiens sont comme ci, les anglais comme ça), des détails dont on se fout éperduement (je m’en tamponne que Victoria ait voulu à tout prix avoir de la dentelle sur sa robe de deuil pour tel ou tel évènement), des choses importantes complètement passées sous silence (hein, quoi, la conquête de l’Inde ? C’est quoi ça ???), une fin qui n’a rien à voir avec les derniers chapitres, et pour finir un titre assez incompréhensible (j’étais sûre qu’Elizabeth II était une femme, mais si Victoria a été la dernière reine je suppose que je me suis trompée), et vous obtenez cette biographie qui m’a franchement laissée perplexe pour ne pas dire pire.

Ah oui, une dernière chose : au moins il y a des photos. C’est toujours bien de pouvoir visualiser de qui on parle. ‘Fin je préfère.

  • « Le treizième conte », de Diane Setterfield

A mon humble avis, trop de gothisme tue le gothisme. Pourtant, j’adore le genre, je l’ai même étudié en long en large et en travers durant mes études littéraires. Mais vraiment, trop c’est trop. J’ai fait une overdose en lisant ce roman et j’ai trouvé l’histoire complètement indigeste.

Le ressort dramatique est gros comme une maison, les personnages réagissent de manière complètement débile insensée, l’ambiance est malsaine et pour tout dire je me suis emm*rdée comme un rat mort pendant de très longs moments.

En résumé, j’ai pas du tout aimé.

  • « Nous sommes cruels », de Camille de Peretti

Il faut croire que je suis passée par une phase masochiste. Le genre épistolaire me laisse indifférente en règle générale et ma lecture des « Liaisons dangereuses » il y a dix ans m’avait déplue (je me prépare aux lancers de tomates pourries :-p). Je voyais pas trop le but de se foutre de la poire des autres et de les démolir pour le plaisir. ça doit être mon côté neuneu.

Alors pourquoi est-ce que j’ai été lire ce bouquin qui reprend « Les liaisons dangereuses » et les transpose à notre époque ? Mystère.

Peut-être l’envie de voir si mon point de vue avait évolué entre temps. Maintenant je suis fixée, c’est non. J’ai toujours pas compris l’intérêt du jeu (surtout que les protagonistes savent comment l’affaire s’est – mal – terminée pour la Merteuil et Valmont). ça me dépasse, tant pis pour moi.

Une dernière question : euh, à quoi elle sert la grand-mère complètement givrée ?

  • « Matelot », de Pierre Loti

Si un roman a jamais évoqué la mélancolie et la fatalité, c’est bien celui-ci. Dès le début on sait que les choses vont mal se terminer et on ne peut que suivre le cours des choses. On sent bien que Loti a été marin et qu’il a perdu des camarades durant sa carrière, qu’il a vu des familles brisées par la perte d’un proche. Les personnages sont décrits avec une profonde humanité, on ne perçoit jamais de mépris envers eux et leurs (mauvais) choix.

Bien que l’histoire soit très sombre, il émane de « Matelot » une très grande douceur et une sensation de paradis perdu sans pour autant que l’amertume ne vienne s’en mêler. L’écriture est limpide et les quelques élipses ne nuisent pas au récit. Un très bon moment de lecture, même s’il n’est pas très gai.

  • « Mémoire de mes putains tristes », de Gabriel García Márquez

J’ai retrouvé avec plaisir l’écriture si fluide du Maître et ses thèmes de prédilection, ainsi que des éléments déjà présents dans « Cent ans de solitude ». Les prostituées, les ouragans, le temps qui passe, la décadence, la mort, …

« Mémoire de mes putains tristes » est peut-être un meilleur mode d’entrée dans l’univers de García Marquez que « Cent ans de solitude : il est plus court et beaucoup plus clair. Cependant, je n’y ai pas retrouvé le même souffle, ni la même beauté des phrases.

Le seul hic c’est peut-être le sujet : un vieillard de 90 ans décide pour fêter son anniversaire de dépuceler une jeune vierge pas encore nubile (en clair : une gosse). Le fait est que rien ne se passe, la morale est sauve, mais le sujet porte quand même sacrément à controverse (on reste loin de « Lolita » mais vous voyez l’idée). D’ailleurs, il y a eu des problèmes avec le film pour cette raison.

  • « Mangez-le si vous voulez », de Jean Teulé

Comme d’habitude avec Teulé, il faut avoir l’estomac bien accroché. Voire bien vide. Voire jeûner depuis quelques temps. ça dépend du seuil de tolérance de chacun à l’horreur. Personnellement j’avais été nauséeuse à la lecture de « Je, François Villon ». La lecture de « Mangez-le si vous voulez » m’a achevée (sans mauvais jeu de mot).

Quand le langage fleuri de Teulé décrit cette succession de scènes plus épouvantables les unes que les autres avec un ton légèrement badin, c’est plutôt rude à encaisser. Mais la base du roman l’est elle-même…

(Il y a un truc que j’aimerais bien savoir et que je me demande à chaque lecture « teulienne » : quelle est la part de vérité dans tout ça ? )

Edit : une interview de Jean Teulé qui vous donnera un aperçu du bonhomme et de son oeuvre. 😉

  • « Cyrano de Bergerac », d’Edmond Rostand

L’une de mes pièces préférées avec « l’Avare » et « Macbeth ». Quand aucun nouveau bouquin ne vous reste entre les mains, rien de tel qu’un retour aux sources.

  • « Tous les feux le feu », de Julio Cortázar

Décidément les auteurs sud-américains savent me parler, j’ai eu un énorme coup de coeur pour ce recueil de nouvelles.

Cortázar y expérimente différents modes de narration et de construction du récit et passe aussi facilement d’un style haché à de longues phrases sinueuses. Le cadre des nouvelles est lui-même très changeant, certaines évoquent même la science-fiction, un genre auquel on ne s’attend pas du tout.

Chaque nouvelle est l’occasion de découvrir une facette différente de l’univers de l’auteur et sa maîtrise de ce domaine pourtant si casse-gueule. Une nouvelle ratée est frustrante à lire, on a du mal à y rentrer ou on en sort alors qu’un sentiment de travail ni fait ni à faire persiste. Ce n’est certainement pas le cas ici.

Si vous aimez les nouvelles, vous adorerez ce petit recueil (moins de 150 pages). Si pas… c’est l’occasion de découvrir un grand auteur avec une maîtrise parfaite de son art.

  • « Les neuf princes d’Ambre », de Roger Zelazny

Je me suis attelée à la lecture du premier tome de ce grand classique de la fantasy, en ne sachant pas trop à quoi m’attendre. Pour avoir déjà lu Zelazny je savais que le style serait agréable, mais c’était plutôt le récit en lui-même qui pouvait ne pas passer (par exemple « Deus irae » ne m’as pas du tout intéressée… c’est ptêtre l’influence de Philip K. Dick qui veut ça *aïeuh, m’envoyez pas de briques! M’enfin! *).

En fait j’ai été très heureusement surprise, j’ai englouti le livre en 2 jours de temps. Le principe du héros amnésique avec qui on découvre au fur et à mesure de quoi il retourne est vu et revu (ptêtre pas en 1970 quand « les neufs princes d’Ambre » est paru ?) mais c’est un très bon moyen d’entrer dans le multivers d’Ambre sans perdre pied. Par contre c’est extrêmement frustrant d’arriver à la fin du premier tome, on commençait à peine à s’amuser.

Ce qui est surtout problématique si on considère que c’est le livre 1 sur 5 (pour le cycle de Corwin). Ou 10 (pour le cycle de Merlin). Ou beaucoup plus si on prend en compte les nouvelles et autres parutions autour d’Ambre. Vive l’édition anglaise qui regroupe tout le cycle d’Ambre pour moins de 20€. ^^;

  • « The wizard of oz », de L. Frank Baum

Je poursuis ma lecture des grands classiques de la lecture anglo-saxonne et cette fois-ci c’est le magicien (la traduction correcte serait plutôt « le sorcier ») d’Oz qui y est passé.

Comme tous les contes pour enfants qui ne sont pas passés entre les mains de Disney, l’histoire est relativement simple avec un sacré paquet de deus ex machina (« on va jamais s’en sortir c’est horrible… ah ben en fait, si »), il y a beaucoup d’éléments franchement cauchemardesques (l’homme de fer qui décapite une meute entière de loups juste devant Dorothy, glups) et les personnages sont semble-t-il caricaturaux. Comme tous les contes pour enfants, « le magicien d’Oz » est bien plus compliqué qu’il n’y paraît et il y a 136 000 niveaux d’analyse de l’histoire.

La lâcheté, le mensonge et la crédulité font partie des thèmes principaux. Mais la foi en ses propres capacités, l’acceptation de la différence, le courage et le mérite également. Au premier degré « le magicien d’Oz » est donc relativement simpliste, même un peu aride à lire, mais comme d’habitude avec les contes il faut creuser un minimum pour en voir tout l’intérêt. 😀

NB : Comme ça je sais aussi d’où vient le terme « Munchkin ». Je ne connaissais que cette version-là. 😉

  • « Lucky’s lady », de Tami Hoag

Le jour où j’ai pris ce livre au Boekenfestijn je ne sais vraiment pas ce qui m’est passé par la tête. La couverture était jolie, le résumé sonnait comme un roman policier (que je n’aime pourtant pas), le titre était pas super engageant… non vraiment, je ne comprends pas.

Toujours est-il que j’ai malgré tout eu raison de le prendre. Je ne me souviens pas avoir ri aux larmes devant un roman, mais grâce à Lucky et sa dame, c’est fait. Car sous ses apparences de polar, cette pépite est un pur roman à l’eau au sirop de rose. Tous les clichés y sont et grâce à une histoire inexistante et une écriture relativement agréable, il est possible d’en profiter au maximum. J’ai tellement apprécié que j’en ai traduit quelques pages pour les copines (je l’ai lu en VO). Demandez à Aurore et Peggy, elles ont beaucoup aimé !

Un petit extrait : La femme en elle qui n’avait jamais connu la vraie passion languissait de la connaître maintenant, avec cet homme, ce guerrier à l’âme d’artiste. Elle s’était contenue en se disant que c’était un criminel, mais il ne l’était pas. C’était un homme aux peurs cachées. Un homme qui cachait sa tendresse, sa profonde solitude, sa bonté derrière un masque bourru et dangereux, un homme qui avait besoin d’amour mais qui ne ferait jamais rien pour en recevoir.

(Ah, quel homme ce Lucky ! XD)

Enfin, pour être tout à fait claire, j’ai découvert en farfouillant sur le net que Tami Hoag avait commencé sa carrière par des romans à l’eau de rose avant de se recycler dans les polars. Je serais curieuse de voir à quoi peuvent bien ressembler ses polars…

Une chose est sûre : elle a abusée de Bonnie Tyler et de son « Holding out for a hero ». Peut-être aussi du clip remarquez (ah les années 80…). 😉

Je sais, c’est un peu aride comme billet sans photos mais ça viendra d’ici quelques temps. Désolée.

Voilà pour cette fois. Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter de très joyeuses fêtes. On se revoit en 2010. 😉

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6 Commentaires

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6 réponses à “Oups

  1. Merci pour ces avis décapants ! On a parfois sacrement l’impression de perdre son temps avec certains livres…

  2. Bon retour en forme (très en forme on dirait bien). Chouette !!

  3. Belle présentation anachronique des livres ! Merci bien…

  4. oh yeah! ça fait plaisir de te relire par ici !

  5. youplala

    Canthilde : « Perdre son temps » résume vraiment bien la lecture de certains bouquins… ^^;

    Lhisbei : Et ça n’est que le début, j’ai « le goût de l’immortalité » de Mme Dufour dont je dois parler (grâce à toi !). 😉

    Aurore et Mélopée : Merci ! 😉

  6. M’étonnait aussi que t’aies laissé ton blog en friche…:-§

    Welcome back, my dear…

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