Ennemi en vue, d’Alexander Kent

Aujourd’hui je vais  aborder un genre de littérature que j’apprécie tout particulièrement et dont j’entends rarement parler : les romans maritimes… et surtout, les romans concernant la marine à voile. Je ne connais pas la moitié des termes adéquats, je n’ai jamais approché de près ce type de navire, la vie des hommes à bord semblait absolument épouvantable… et pourtant tout cela me fait rêver (allez comprendre ;-)).

Ainsi, l’an dernier j’ai été particulièrement emballée par « les mutinés de l’Elseneur » de Jack London, avec sa description du Cap Horn et de l’agonie de la marine à voile au début du XX° siècle (ses théories raciales rabâchées encore et encore m’ont par contre absolument exaspérée… et encore c’est un euphémisme, j’aurais plutôt eu envie de le balancer par-dessus bord). J’ai découvert grâce à cela les vagues scélérates (« rogue waves » en anglais), les quarantièmes rugissants, les cinquantièmes hurlants, et tout un monde à la fois terrifiant et fascinant.

Cette année, c’est Alexander Kent qui me fait rêver avec l’un des tomes consacrés au capitaine Bolitho (il y en a une trentaine).  Pas le premier malheureusement, les traductions en français étant parues dans le désordre à ce qu’il semblerait (par rapport au cycle originel) et une bonne partie de ces dernières étant indisponibles à l’heure actuelle. Donc pour découvrir le capitaine Richard Bolitho j’ai commencé par… le douzième tome. C’est pas l’idéal, mais contrairement à ce que je pouvais craindre, l’histoire se suffit à elle-même et mis à part quelques petits passages où on sent bien qu’il s’est passé quelque chose « avant », pas besoin de sous-titres pour comprendre de quoi il retourne.

La situation est simple : nous sommes à l’automne 1794 et l’Angleterre cherche par tous les moyens à écraser les révolutionnaires français, et réciproquement (ou à peu près). Le capitaine anglais Bolitho est envoyé en mission afin de maintenir le blocus sur les ports français. Cependant, certains navires français réussissent à forcer le blocus et filent toutes voiles dehors vers les Caraïbes. Il ne reste à Bolitho plus qu’une seule solution : les poursuivre.

Nous avons ici affaire à un pur roman d’aventure et d’action, mais au sens noble du terme. Certes il y a des coups de canon, des poursuites maritimes, des tas de mots exotiques comme « grand cacatois », « mât de misaine » ou encore « yawl »… cependant l’analyse psychologique n’est pas absente de ce roman et personne n’est tout noir ou tout blanc. C’est déjà beaucoup, quand on considère certains romans qui diabolisent à l’excès tout ce qui peut venir s’opposer au héros. De plus, bien que meneur d’hommes Bolitho n’en reste pas moins un homme qui doute profondément de lui-même et de ses décisions… un être humain quoi, pas un surhomme. Tout à fait le type de personnage que j’apprécie, même dans les romans qui parlent d’abordage et de baston. 😉

L’aspect historique n’est pas non plus négligé et bien que je ne sois absolument pas calée en histoire navale à l’époque napoléonienne, les différents éléments de l’intrigue semblent s’ajuster parfaitement aux faits historiques comme le blocus des ports français.

Avec tout ces points positifs, il y a déjà de quoi être emballé. Ajoutez-y la qualité des libretto édités par Phébus (je les trouve super agréables, beau papier, couvertures toujours belles ou en tout cas appropriées, bonne prise en main…), et vous passerez un très très bon moment de lecture.

En bref, si vous aimez la mer, si vous aimez les bateaux, si vous aimez l’aventure et l’Histoire (et si vous avez aimé le film « Master and commander » bien qu’il soit tiré du roman éponyme de Patrick O’Brian)… jetez-vous sur les récits maritimes d’Alexander Kent, vous en redemanderez!

(Perso j’ai commandé directement les trois premiers tomes en anglais – en édition omnibus – , eux au moins sont disponibles sans problème… et après la lecture de « The Terror » de Simmons, je connais déjà une bonne partie du vocabulaire anglophone. :-D)

Mon deuxième gros coup de coeur de l’année.

En bonus :

Le site internet de Douglas Reeman (le vrai nom d’Alexander Kent).

Et le site internet de l’illustrateur de la couverture, John Chancellor.

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3 Commentaires

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3 réponses à “Ennemi en vue, d’Alexander Kent

  1. kieffer51

    Dans la même veine, je vous conseille aussi les aventures du capitaine Hornblower, de Cecil Scott Forester. Il me semble que tous les romans le concernant sont parus chez Omnibus en français. Concernant Douglas Reeman, il a aussi écrit des livres d’aventures maritimes se déroulant pendant la seconde guerre mondiale. Plusieurs d’entre eux ont été traduits en français et ils sont captivants.

  2. Youplala

    Merci pour ces conseils, je note. 😉

  3. J’aime le <> mais à ma chaque lecture,je suis trop touché par le fait qu’on ne parle pas des causes de l’avènement du christianisme.

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