La pitié dangereuse, de Stefan Zweig

J’ai lu ce livre dans le cadre du défi de lecture Blog-o-trésors. J’ai enfin réussi à me décider pour un livre, il ne reste plus qu’à trouver les suivants! 😀

Une petite quatrième de couverture pour se mettre en appétit:

Dans une petite ville de garnison, Anton Hofmiller, jeune officier de cavalerie, est invité dans le château du riche Kekesfalva. Au cours de la soirée, il invite la fille de son hôte à danser, ignorant qu’elle est paralysée. Désireux de réparer sa « gaffe », Anton, pris de pitié pour l’infirme, multiplie bientôt ses visites [et se lie avec les Kekesfalva].

J’ai découvert Zweig l’an dernier, en lisant d’une traite « Le joueur d’échec » au cours d’un trajet en train.  J’ai tout de suite été emballée, et je me suis jetée sur « La pitié dangereuse » en voyant ce roman chez le bouquiniste. Manque de chance, je n’ai pas éprouvé le même engouement pour ce dernier… A vrai dire, je ne sais trop quoi penser à son propos. Ce n’est pas un mauvais roman, il est bien agréable à lire, les pages se tournent à une vitesse folle et on le parcourt très rapidement.

Hélas pour moi, je n’ai pas accroché aux personnages, et en premier lieu le narrateur, Anton Hofmiller. J’ai eu envie de lui mettre des baffes par moments. Ses hésitations, ses remords, ses considérations orgueilleuses… je les ai trouvés particulièrement irritants.

De plus, j’ai trouvé l’histoire très répétitive, on voit toujours la même situation se reproduire: Hofmiller va voir une personne liée aux Kekesfalva ou qui fait partie de la famille, il cède à la pitié, fait et dit des choses qui lui déplaisent, puis il s’en va et regrette son comportement… jusqu’à la prochaine rencontre. Il s’emberlificote de plus en plus dans la toile de ses mensonges et de ses remords, au point de ne plus voir d’issue à sa situation.  Hofmiller finit par être une véritable caricature de lui-même, à force de retomber toujours et encore dans les mêmes travers. J’ai d’ailleurs été également amenée à penser à peu près la même chose à propos d’Édith de Keksfalva. Toujours le même comportement, toujours les mêmes réactions, encore et encore. Un vrai robot. C’est devenu particulièrement usant à la longue, et avancer dans le roman a été de plus en plus laborieux puisque je savais déjà ce qui allait se produire entre Anton et Édith.

Bien sûr, je n’ai pas trouvé que des aspects négatifs à ce roman. La réflexion générale sur le handicap et les changements de comportement à l’approche d’une personne qui en est atteinte est vraiment intéressante, la mise en évidence des préjugés de l’époque est également très interpelante (surtout quand on sait que Zweig était juif et qu’il a donc dû en pâtir), et j’ai vraiment eu un coup de coeur pour les toutes dernières pages de « La pitié dangereuse ». La question du pardon vis-à-vis de ses propres erreurs, des remords et de la culpabilité est enfin abordée de manière non-répétitive et approfondie… Qui plus est, le sentiment de désolation dans ces quelques pages est palpable, on se rend bien compte que la fin du monde a eu lieu et tout ce qui existait au préalable a été détruit. Ou presque. Car l’esprit des survivants demeure, et avec lui tout ce qui a été.

En fin de compte, c’est ce que j’ai préféré dans toute cette histoire : cette description d’une civilisation sur le point de s’éteindre, puis la sensation de disparition brutale.  Elles sonnent plus vrai que le reste.

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4 Commentaires

Classé dans Défis de lecture, Ma bibliothèque

4 réponses à “La pitié dangereuse, de Stefan Zweig

  1. Je viens de finir un autre Zweig, 24 Heures de la vie d’une femme, et j’ai moi aussi été moi emballée que j’espérais.

    J’ai hâte de voir quelle sera ta prochaine sélection dans la Méga-liste! Quant à moi, je viens de commencer La Servante écarlate de Margaret Atwood.

  2. Youplala

    Le prochain Zweig que je lis, je pense que ça sera une de ses biographies. Il paraît qu’elles sont excellentes! 😀

    Et j’ai aussi hâte de savoir quel sera mon prochain choix… j’arrête pas de changer d’avis! 😉

  3. Moi aussi ses biographies me tentent, notamment son Marie-Antoinette.

  4. youplala

    Héhé, justement j’hésite entre cette biographie et celle consacrée à Marie Stuart! 😀

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