Dernières lectures dans le cadre du Challenge ABC 2008

(Ouïe, le système de gestion de mon blog WordPress a été changé de fond en comble depuis mon dernier passage, va falloir que je réapprenne à m’en servir… mince, moi qui avais enfin fini par bien tout connaître! Donc excusez-moi si je cafouille dans mes prochains messages. Arf, et maintenant il bloque les commentaires sans que je lui demande… ce blog est hanté! )

Comme l’indique(plus ou moins clairement) le titre de ce billet, j’ai enfin terminé mon Challenge ABC 2008. Je ne pensais pas en arriver à bout, mais en fin de compte ma période de recherche d’emploi m’a donné beaucoup de… « temps libre » (hem), et j’ai pu ainsi avancer dans mes lectures. Voici mes petites critiques sur ces derniers livres:

  • « Et l’âne vit l’ange », de Nick Cave

Pour le dire simplement, Nick Cave est à mes yeux un dieu… j’adore ses chansons, son univers, son énergie incroyable sur scène, son groupe… je le vénère. En entrant dans cette autre partie de son univers, je savais déjà en partie ce que j’allais trouver. Son obsession pour la religion,  la violence, les pulsions humaines les plus sombres, la vision très cruelle de notre monde qui résulte de ces obsessions… je les connaissais déjà.

Et je n’ai pas été déçue, car « Et l’âne vit l’ange » suit exactement ces lignes directrices. Malheureusement pour moi… en ce moment, je ne peux pas lire ce genre de récit. Il déteint trop sur moi et ma propre vision des choses, déjà pas si gaie que ça. J’y reviendrai, c’est sûr. Mais pas avant un petit bout de temps, certainement.

  • Remplacé par « Petit-déjeuner chez Tiffany », de Truman Capote

Afin de remplacer « Et l’âne vit l’ange », j’ai farfouillé dans ma bibliothèque pour trouver un auteur dont le nom commencerait par C.

Je suis tombée sur ce court roman de Truman Capote, trouvé dernièrement pour quelques dizaines de centimes. Je ne connaissais rien de Capote, si ce n’est le film retraçant son enquête et son comportement pour la rédaction de « De sang froid » (enfin… un bout du film, je n’ai pas pu le voir jusqu’au bout tellement le personnage me donnait envie de le gifler). J’en avais gardé le souvenir d’un sale type à la voix insupportable, mais à l’écriture incroyable.

Et comme je suis très curieuse, j’ai donc commencé « Petit-déjeuner chez Tiffany ». J’ai tout de suite été happée par ce récit doux-amer, où le narrateur décrit l’éblouissement qu’a constitué le passage d’Holly Golightly dans sa vie bien morne. Cette jeune femme hors norme représente l’insouciance dans l’univers du narrateur, un homme terre-à-terre dont la vie lui semble bien banale quand il croise Holly et son entourage.

Holly incarne l’essence même de la jeunesse, dans toute sa joie mais aussi sa témérité, son incroyable capacité à se mettre dans des situations dangereuses et à s’en sortir d’une pirouette. Ce personnage m’a vraiment marqué, car je suis plutôt du genre du narrateur, à rester bouche bée devant ces quelques rares personnes à qui tout semble si aisé, si facile à faire ou à vivre.

Quant aux autres personnages, ils sont tout aussi « vivants » que l’héroïne. En à peine quelques phrases, Truman Capote réussit à les créer et à leur donner une substance, une existence même (certaines descriptions m’ont évoqué des individus bien réels, au même comportement que celui décrit), et ce quelle que soit leur place dans le roman. Peu importe qu’ils disparaissent la page suivante.

D’ailleurs, cette capacité à donner vie en très peu de phrases se retrouve dans tout le roman; ce qui y est décrit pourrait tout aussi bien être le témoignage de plusieurs individus ayant croisé une certaine Holly Golightly, et l’évocation de leur vie misérable depuis son départ.

Il n’y a pas à dire, Capote était peut-être un sale bonhomme… mais en attendant, quel écrivain! J’ai d’ores et déjà mis « De sang froid » dans ma pile de lecture. 

  • « Tous les matins du monde », de Pascal Quignard

Deux mots me sont venus à l’esprit au cours de ma lecture: « délicatesse » et « tristesse ».

Chaque chapitre est une évocation légère, très douce, de la vie et de ses tourments. Il n’y a pas d’insistance sur ses plus rudes moments, qui sont pourtant bel et bien présents. Les personnages ont d’ailleurs des vies peu heureuses, chacun en venant à éprouver des regrets qui semblent inéluctables au cours de la vie. Mais le plus important, c’est que ces derniers permettent enfin de comprendre ce qu’est la musique, le sujet au centre de ce roman.

Cette lecture a été très agréable, et bien que « Tous les matins du monde » soit un roman profondément mélancolique, il n’accable pas le lecteur et lui laisse une impression de douceur quand il quitte Mr de Sainte Colombe.

  • « Les fourmis », de Bernard Werber

J’ai vraiment été très très déçue par ce roman.

J’ai trouvé la partie myrmécéenne (« fourmiesque » ;-)) particulièrement réussie, avec des personnages bizarrement très bien campés psychologiquement parlant. Le mâle, la femelle, l’ouvrière… j’ai été passionnée par leurs aventures et par leur monde, si étrange à nos yeux de mammifères sur deux pattes.

Au contraire, la partie qui porte justement sur l’être humain m’a semblée complètement artificielle, avec une intrigue étirée le plus longtemps possible afin d’atteindre le coup de théâtre. Et pour ce qui est des personnages, ils sont caricaturaux avec une personnalité aussi épaisse qu’une feuille de papier Bible.

Dans l’avant-propos, Werber indique justement qu’il avait commencé son roman en se basant uniquement sur les fourmis, et qu’il avait dû rajouter la partie humaine suite à la demande d’un éditeur. D’après ce dernier, le public n’était pas encore prêt pour lire un roman basé uniquement sur des insectes. Eh bien franchement, j’aurais préféré n’avoir que la partie avec les fourmis, bien plus fouillée et cohérente que la partie avec les humains (l’explication à la disparition des différents protagonistes m’a semblée tout simplement ridicule).

Bref, comme vous l’aurez compris, j’ai trouvé que ce roman était gâché par une partie bien moins travaillée et intéressante que l’autre.

Je ne suis pas sûre de lire la suite… dommage, je possède la trilogie en une seule édition. 😦 Je me demande si je ne vais pas la donner.

Par contre, le bon côté de la chose, c’est que j’avais ce bouquin en attente depuis au moins 2002, si pas 2001. Hop, un livre de moins sur ma pile à lire! 😉

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4 Commentaires

Classé dans Lecture dans le cadre du Challenge ABC 2008

4 réponses à “Dernières lectures dans le cadre du Challenge ABC 2008

  1. boreale

    pour Tous les Matins du Monde perso j’ai bien aimé mais j’ai eu la sensation d’un survol trop rapide, presque un résumé de bouquin quoi… j’aurais aimé que certains passages soient plus denses, y’aurait eu de quoi faire en plus.

  2. Youplala

    Là je n’ai pas du tout eu cette impression, mais je crois que c’est aussi lié à la fin du Challenge. Je voulais le terminer, et je pense que le fait que le livre soit court a joué en sa faveur. 😉

  3. J’ai eu le même ressenti que toi avec les Fourmis de Werber… et je te confirme que ça vaut pas la peine de lire la suite, c’est un resucé du Tome 1… hyper-déçue par la Révolution des Fourmis…

    Et toutes mes félicitations pour la fin de ton challenge ABC 2008…

  4. Youplala

    Merci Peggy, tu m’évites d’être encore plus déçue. ^^;

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