L’affaire Jane Eyre, de Jasper Fforde

Dans le monde de Thursday Next, la littérature fait quasiment office de religion. A tel point qu’une brigade spéciale a dû être créée pour s’occuper d’affaires aussi essentielles que traquer les plagiats, découvrir la paternité des pièces de Shakespeare ou arrêter les revendeurs de faux manuscrits. Mais quand on a un père capable de traverser le temps et un oncle à l’origine des plus folles inventions, on a parfois envie d’un peu plus d’aventure. Alors, lorsque Jane Eyre, l’héroïne du livre fétiche de Thursday, est kidnappée par Achéron Hadès, incarnation du mal en personne, la jeune détective décide de prendre les choses en main et de tout tenter pour sauver le roman de Charlotte Brontë d’une fin certaine…

Ça faisait déjà un petit temps que j’avais le livre dans ma bibliothèque et j’avais déjà essayé de le lire, mais à l’époque, impossible de rentrer dans l’histoire. Au bout de cinq pages je l’avais reposé en me disant que ça me reprendrait bien un jour ou l’autre. Plutôt après avoir lu « Jane Eyre » d’ailleurs, sinon je risquais de pas comprendre grand-chose. 🙂
Or, depuis que j’ai lu ledit « Jane Eyre » je souffre de monomanie eyrienne et je cherche à savoir tout ce qui existe sur la question, y compris tout ce qui en est dérivé. « L’affaire Jane Eyre » est donc passé(e?) à la casserole.

J’ai été plutôt surprise de découvrir que c’était somme toute une affaire policière assez habituelle, je m’y attendais pas du tout. Comme quoi j’aurais mieux fait de lire attentivement la quatrième de couverture.

Heureusement, l’intérêt du livre ne repose pas uniquement sur cet aspect et l’histoire et l’univers parallèle créés par Jasper Fforde sont complètement farfelus (mais aussi parfois dramatiques, la guerre de Crimée évoque beaucoup la Première Guerre Mondiale et son absurdité). Entre autres, on peut rentrer dans les livres et rencontrer leurs personnages (ou ils peuvent sortir et vous rencontrer dans la réalité, ça dépend), la lecture est l’objet d’une vénération par quasiment tout le monde, voyager dans le temps n’est pas un problème et le Pays de Galles est une république indépendante du Royaume-Uni.
On retrouve même des traces de loufoquerie dans le style de l’écriture. Un de mes passages favori:

Il tambourina sur le gros livre qui constituait la base du Portail de la Prose et regarda les vers génétiquement conçus de Mycroft. Ils en étaient au repos & récupéraient dans leur bocal à poisson ; après un bon gueuleton de prépositions, ils lâchaient joyeusement apostrophes et esperluettes – l’air en ét’ait sa’turé&. […] Les vers correcteurs réagirent en éructant sans raison des majuscules en masse.
– To’ut Ce Qui Est Conc’evable Par L’Imag’ination Hu’maine, Nous Pouvons Le Reproduire.

J’ai aussi été bien amusée par les dodos (les zoziox disparus chez nous) qui apparaissent de-ci de-là et leurs « plocks plocks » de joie/inquiétude/contentement/intérêt/autres. ^_^

D’un autre côté, j’ai également beaucoup aimé « l’affaire Jane Eyre » car les livres que je lis entrent souvent dans mes rêves. Je me retrouve ainsi à voir des évolutions complètement inédites (tu m’étonnes!) des histoires. Là on retrouve ce genre de « distorsion » à peu de choses près.
Par exemple, « Jane Eyre » n’a pas du tout la même fin que dans notre monde (non non, je ne révèlerai ni l’une ni l’autre :)). Sans parler des récits modifiés à des fins plus ou moins avouables par des personnages diaboliques. Un pauvre quasi-anonyme se fait ainsi prendre en otage en dehors d’un roman de Charles Dickens puis zigouiller afin de prouver que ses assassins ne sont pas des rigolos.

Pour faire court, j’ai donc apprécié la lecture de ce bouquin et j’ai déjà en stock la suite aux éditions 10/18 (merci le bouquiniste qui vendait les deux ensemble!). pompom

Par contre, un point négatif auquel Jasper Fforde ne peut rien: à la fin de ma lecture je me suis sentie franchement stupide car certains des auteurs évoqués m’étaient complètement inconnus. Honte à moi. ^^;

P.S: Ah au fait, je confirme, vaut mieux avoir lu « Jane Eyre » avant. Pasque sinon c’est un peu obscur tout ça.

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2 Commentaires

Classé dans Lecture dans le cadre du Challenge ABC 2008

2 réponses à “L’affaire Jane Eyre, de Jasper Fforde

  1. J’en suis au stade que tu décris au début de ton billet : j’ai ce livre (acheté depuis des années, dans la belle version grand format, tant j’étais persuadée qu’il me plairait) dans ma bibliothèque et je ne l’ai pas repris depuis une tentative initiale qui s’est soldée par un abandon au bout de quelques pages (et le prérequis connaissance de Jane Eyre est rempli)…

  2. Youplala

    Je connais cette impression de ne plus du tout avoir envie de lire un livre acheté il y a des lustres. J’en ai quelques uns comme ça, qui m’attendent dans ma bibliothèque depuis parfois des années! 😀
    Maintenant j’ai décidé que s’ils ne me font vraiment plus envie, tant pis, je les donne ou je les revends. Comme ça j’ai de la place pour de nouveaux livres plus intéressants! 😉

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