25 janvier 2009

Les cerfs-volants de Kaboul, de Khaled Hosseini

Avant de commencer mon billet, je vous souhaite une très bonne année à tous et plein de merveilleuses lectures!

Petite quatrième de couverture, comme d’habitude:

Dans les années 70 à Kaboul, le petit Amir, fils d’un riche commerçant pachtoun, partage son enfance avec son serviteur Hassan, jeune chiite condamné pour ses origines à exécuter les tâches les plus viles. Liés par une indéfectible passion pour les cerfs-volants, les garçons grandissent heureux dans une cité ouverte et accueillante. Ni la différence de leur condition ni les railleries des camarades n’entament leur amitié. Jusqu’au jour où Amir commet la pire des lâchetés… Eté 2001. Réfugié depuis plusieurs années aux Etats-Unis, Amir reçoit un appel du Pakistan. ” Il existe un moyen de te racheter”, lui annonce la voix au bout du fil. Mais ce moyen passe par une plongée au cœur de l’Afghanistan des talibans… et de son propre passé.

J’ai vraiment été scotchée par cette lecture (au point de rester éveillée jusqu’à trois heures du matin pour pouvoir le terminer, c’est dire…). Dès le début, le narrateur nous révèle que quelque chose de terrible s’est passé dans sa vie, au point que cela a modifié son cours pour le restant de ses jours. C’est ainsi que se passe la première partie du roman… nous suivons Amir, nous découvrons son enfance en Afghanistan et la douceur de vivre que seuls les souvenirs peuvent conférer. Puis nous sommes rattrapés par l’évènement-clé, celui qui a déclenché une culpabilité dévorante chez Amir et qui l’a poussé à commettre des actes dont les conséquences étaient de plus en plus difficiles à vivre. Puis nous voyons dans la deuxième partie du roman son exil en Amérique, la vie qu’il s’est construite là-bas.  Et enfin, la réalité au moment de la rédaction du livre rattrape tout. L’Afghanistan est aux mains des talibans, le pays est ruiné par des années et des années de guerre, et ses habitants vivent un enfer.

J’ai également énormément appris au cours de ma lecture, ce que j’apprécie beaucoup. Les deux ethnies principales en Afghanistan, leurs relations conflictuelles, l’opposition si présente entre chiisme et sunnisme, la culture afghane… j’ignorais presque toutes ces choses. Pourtant, elles m’ont rappelé la Belgique, avec ses différentes communautés de cultures différentes, ainsi que la situation tendue actuelle (bien qu’on ne puisse pas dire que le niveau de violence soit le même… et heureusement!).

Toutefois, j’ai trouvé que le plus fort dans ce roman était la description du paradis de l’enfance d’Amir, de son innocence, son amitié inébranlable avec Hassan, la nostalgie de cette époque, et le passage brutal à l’âge adulte, celui où il sait qu’il ne sera plus jamais aussi heureux qu’il l’a été, celui où il est rongé par la culpabilité et les regrets. En même temps qu’il prend conscience de cela, l’Afghanistan commence à changer très profondément et à s’éloigner de plus en plus rapidement du pays idéal, pour se transformer en enfer à ciel ouvert. Nous savons tous qu’en grandissant, nous perdons pas mal de choses… des amis d’enfance, des connaissances, un lieu préféré, une saveur particulière… mais perdre carrément son pays, c’est encore au-delà de ce que nous vivons habituellement. Pis que tout, Amir est sûr de ne plus jamais rien retrouver de son enfance. Et quand il retourne au pays, il découvre peu à peu à quelle point cette perte est énorme, qu’un gouffre le sépare de tout ce qu’il a connu auparavant et de ce qu’y existe maintenant.

Quant aux regrets et à la culpabilité… ce sont bien les seules choses dont il aurait voulu se débarrasser. Malheureusement pour lui, s’ils apparaissent et s’installent très rapidement, leur disparition n’en est que plus difficile…

En fait, la seule chose avec laquelle j’ai eu du mal dans ce roman, cela a été la dernière partie. Je dirais que c’est “la couche de trop”, celle qui n’était pas nécessaire pour faire de ce roman un bon roman. Cette dernière couche ajoute du malheur là où il y en avait déjà trop… et surtout, je l’ai trouvée moins “réelle” que le reste du roman, moins crédible. Nul n’ira contredire la description apocalyptique de l’Afghanistan des talibans, la folie furieuse de ces derniers et l’horrible  lucidité des manipulateurs qui les dirigent. Quant à Assef, la Némésis de Hassan et Amir (vi c’est un gros anglicisme barbare, mea culpa), pour avoir rencontré le même genre d’individu avec les mêmes “références culturelles” je sais bien que le trait est à peine forcé. Mais la dernière partie avec Sohrab, je n’y ai pas cru. C’était “trop”, en plus du reste.

Mais pour conclure, je dirais que ce livre touche le lecteur grâce à son évocation de l’enfance et des tourments de l’âge adulte. A l’heure actuelle, l’Afghanistan n’est plus le/la (?) même qu’au cours de la rédaction des “Cerfs-volants de Kaboul”, et pourtant les sentiments contradictoires éprouvés par Amir restent toujours aussi interpelants pour nous.

Un tout grand merci à Babelio et aux éditions 10/18 de m’avoir permis de lire ce livre! :D

Je suis vraiment très heureuse d’avoir reçu cette édition particulière des “Cerfs-volants de Kaboul”, j’adore les éditions spécialement éditées pour les fêtes! Par contre, une petite suggestion tout à fait personnelle pour les éditions 10/18: un petit marque-page avec ces livres serait vraiment un plus. ;-)

21 décembre 2008

The Terror, de Dan Simmons

Edit encore: image chargée! Youhou! :-D

Dan Simmons a choisi pour son dernier opus de se baser sur une histoire vraie: la tragique disparition, corps et biens, de l’expédition Franklin et de ses 129 hommes, ainsi que de leurs navires, les HMS Terror et Erebus.

Partie d’Angleterre en 1845 afin de trouver le mythique passage du Nord-Ouest (qui permettrait de passer de l’Océan Atlantique à l’Océan Pacifique sans avoir à faire le tour du globe), on n’en a jamais revu aucun membre vivant. Pourtant, de très nombreuses expéditions ont été montées dans le but de les secourir, puis ensuite de comprendre ce qui avait bien pu se passer. On n’a pu seulement retrouver un peu de matériel, quelques ossements indiquant que l’équipage avait eu recours au cannibalisme, et quelques témoignages d’inuits ayant croisé les survivants qui tentaient de quitter l’enfer blanc de l’Arctique.

Cependant, ces quelques artéfacts ont permis d’en arriver à la conclusion que ces hommes étaient morts de différentes causes: non seulement de faim, de froid et de soif, mais également de scorbut, de pneumonie, de tuberculose, de botulisme et d’empoisonnement au plomb. Et très certainement de préjugés, ces derniers les ayant empêché de suivre le mode de vie des inuits croisés en chemin (en même temps, vu toutes les maladies qu’ils traînaient, leurs capacités intellectuelles ne devaient plus être très bonnes…).

C’est là que Dan Simmons intervient. Dans “The Terror”, il ajoute une autre cause, encore plus terrifiante que celles déjà évoquées: une Chose dévoreuse d’homme, intelligente et invincible. Cette horreur, surnommée la “Terreur”, décime de manière absolument sadique et déterminée l’équipage, sans raison apparente.

Pour dire simplement les choses: j’ai été absolument emballée par ce livre! Il n’y a pas à dire, après avoir lu plusieurs romans de Simmons, on ne peut que constater la capacité de cet auteur a créer des monstres absolument terrifiants, qu’ils soient humains ou… “autres”. Entre le Gritch, les vampires, les morts-vivants et la Chose, on peut dire qu’il est d’une efficacité à toute épreuve!

Néanmoins, la force de ce roman ce n’est pas seulement cette bestiole monstrueuse, mais bel et bien l’effort réalisé par Simmons afin de décrire l’expédition Franklin telle qu’il l’a imaginée en se basant sur des faits. Par exemple, il existe réellement des tombes de membres de l’équipage sur l’Île de Beechey, et la note enfouie sous un cairn réalisé à la base par John Ross a également été retrouvée par des équipes de recherche.

De plus, l’éventail de sentiments ressentis par des hommes dans ces conditions extrêmes est bien décrit. L’inquiétude, la peur, la folie provoquée entre autres par le scorbut, le désespoir, la colère, les regrets sur ce qu’on aurait dû faire ou ne pas faire… Tout ces sentiments contribuent à l’aspect angoissant du roman, il est facile de se mettre dans la peau de certains personnages et de ressentir cette impression d’enfermement (cela est d’autant plus vrai que chaque chapitre représente le point de vue d’un membre de l’équipage).

A vrai dire, je pense même que la Chose est presque superflue tellement le vécu de ces hommes a dû être épouvantable. Coincés dans la glace pendant plusieurs années, voyant leurs stocks de nourriture disparaître peu à peu, constatant chaque jour un peu plus le lent travail de destruction de la glace sur le navire (voyant par là-même s’envoler leurs espoirs de retour), et victimes de maladies qu’ils comprenaient bien peu… C’est certainement le plus dramatique de cette expédition, et Dan Simmons arrive à nous faire vivre au jour le jour la lente dégradation des membres du Terror et de l’Erebus. Certes, il a introduit un monstre dans cette histoire… mais il n’en a pas pour autant négligé les autres aspects de la fin de l’expédition Franklin.

Il sait tout aussi bien ménager le mystère, et on ne cesse de se demander qui sont Lady Silence, l’homme qui l’accompagnait, et s’ils ont un lien avec l’Horreur dehors. Et alors qu’on sait dès le début la fin “officielle” de l’équipage, on se triture malgré tout les méninges en  cherchant ce qui va se passer, si Simmons a “changé” la réalité, s’il l’a laissée à l’identique, et quelle explication il a bien pu trouver à tout ça. Alors on se retrouve dans l’incapacité de s’arrêter de lire, et on se retrouve à la moitié de ce pavé sans savoir comment on a fait…

Cependant, j’ai trouvé que quelques passages étaient un peu agaçants: ceux où il “étale sa culture” concernant la période à laquelle ce drame s’est déroulé. Je n’ai pas trouvé le Carnaval et son allusion au “Masque de la Mort Rouge” de Poe particulièrement pertinent, et j’ai failli sauter le chapitre où il nous décrit par le menu la théorie de l’évolution de Darwin. Pour cette dernière, je me suis néanmoins demandée s’il ne faisait pas cet exposé à l’intention de son lectorat américain, “bouffé” depuis quelques années par des théories de l’évolution très religieuses. C’est en tout cas l’hypothèse que j’ai retenue en lisant ce chapitre. Enfin, les rêves de Crozier trouvent une explication à la fin du roman… mais si on tient vraiment à les comprendre, il faut se renseigner sur tout ce qui entoure l’expédition Franklin (elle semble très connue dans le monde anglo-saxon). Sans cela, c’est incompréhensible.

Pour en finir, j’ai une ou deux remarques à faire sur la version originale du livre. ça n’a pas été une mince affaire à lire… entre le langage naval que je connais très peu, et tout ce qui concerne la glace, j’en ai franchement bavé. D’autant plus qu’une fois traduits, je ne connaissais presque pas non plus les termes employés en français. Par exemple, je n’ai pas été bien avancée une fois que j’ai su que “caulker” signifiait “calfat”… J’ai donc consacré un temps important à parcourir mes dictionnaires afin de m’y retrouver, ce qui ne rendait pas vraiment la lecture agréable. Je déconseille donc le roman en VO si vous avez un niveau d’anglais faible, ou si vous n’aimez pas vous arrêter pour savoir de quoi il retourne.

Je déconseille aussi mon édition, “Bantam books”, truffée de coquilles. C’est déjà assez dur de comprendre certains passages sans en plus devoir remettre les lettres dans le bon ordre et les mots manquants à leur place…

Mais pour terminer sur une note positive, si vous aimez les romans avec des monstres dévoreurs d’hommes, mais également les romans d’exploration, vous devriez être servis! ;-)

Quelques liens intéressants:

Enfin, le Canada a décidé cette année de monter une nouvelle équipe de recherche afin de retrouver les HMS Terror et Erebus, coulés depuis longtemps. Cela est rendu possible “grâce” à la fonte avancée du Pôle Nord (vive le réchauffement climatique! :-/ ).

15 décembre 2008

Dernières lectures dans le cadre du Challenge ABC 2008

(Ouïe, le système de gestion de mon blog WordPress a été changé de fond en comble depuis mon dernier passage, va falloir que je réapprenne à m’en servir… mince, moi qui avais enfin fini par bien tout connaître! Donc excusez-moi si je cafouille dans mes prochains messages. Arf, et maintenant il bloque les commentaires sans que je lui demande… ce blog est hanté! )

Comme l’indique(plus ou moins clairement) le titre de ce billet, j’ai enfin terminé mon Challenge ABC 2008. Je ne pensais pas en arriver à bout, mais en fin de compte ma période de recherche d’emploi m’a donné beaucoup de… “temps libre” (hem), et j’ai pu ainsi avancer dans mes lectures. Voici mes petites critiques sur ces derniers livres:

  • “Et l’âne vit l’ange”, de Nick Cave

Pour le dire simplement, Nick Cave est à mes yeux un dieu… j’adore ses chansons, son univers, son énergie incroyable sur scène, son groupe… je le vénère. En entrant dans cette autre partie de son univers, je savais déjà en partie ce que j’allais trouver. Son obsession pour la religion,  la violence, les pulsions humaines les plus sombres, la vision très cruelle de notre monde qui résulte de ces obsessions… je les connaissais déjà.

Et je n’ai pas été déçue, car “Et l’âne vit l’ange” suit exactement ces lignes directrices. Malheureusement pour moi… en ce moment, je ne peux pas lire ce genre de récit. Il déteint trop sur moi et ma propre vision des choses, déjà pas si gaie que ça. J’y reviendrai, c’est sûr. Mais pas avant un petit bout de temps, certainement.

  • Remplacé par “Petit-déjeuner chez Tiffany”, de Truman Capote

Afin de remplacer “Et l’âne vit l’ange”, j’ai farfouillé dans ma bibliothèque pour trouver un auteur dont le nom commencerait par C.

Je suis tombée sur ce court roman de Truman Capote, trouvé dernièrement pour quelques dizaines de centimes. Je ne connaissais rien de Capote, si ce n’est le film retraçant son enquête et son comportement pour la rédaction de “De sang froid” (enfin… un bout du film, je n’ai pas pu le voir jusqu’au bout tellement le personnage me donnait envie de le gifler). J’en avais gardé le souvenir d’un sale type à la voix insupportable, mais à l’écriture incroyable.

Et comme je suis très curieuse, j’ai donc commencé “Petit-déjeuner chez Tiffany”. J’ai tout de suite été happée par ce récit doux-amer, où le narrateur décrit l’éblouissement qu’a constitué le passage d’Holly Golightly dans sa vie bien morne. Cette jeune femme hors norme représente l’insouciance dans l’univers du narrateur, un homme terre-à-terre dont la vie lui semble bien banale quand il croise Holly et son entourage.

Holly incarne l’essence même de la jeunesse, dans toute sa joie mais aussi sa témérité, son incroyable capacité à se mettre dans des situations dangereuses et à s’en sortir d’une pirouette. Ce personnage m’a vraiment marqué, car je suis plutôt du genre du narrateur, à rester bouche bée devant ces quelques rares personnes à qui tout semble si aisé, si facile à faire ou à vivre.

Quant aux autres personnages, ils sont tout aussi “vivants” que l’héroïne. En à peine quelques phrases, Truman Capote réussit à les créer et à leur donner une substance, une existence même (certaines descriptions m’ont évoqué des individus bien réels, au même comportement que celui décrit), et ce quelle que soit leur place dans le roman. Peu importe qu’ils disparaissent la page suivante.

D’ailleurs, cette capacité à donner vie en très peu de phrases se retrouve dans tout le roman; ce qui y est décrit pourrait tout aussi bien être le témoignage de plusieurs individus ayant croisé une certaine Holly Golightly, et l’évocation de leur vie misérable depuis son départ.

Il n’y a pas à dire, Capote était peut-être un sale bonhomme… mais en attendant, quel écrivain! J’ai d’ores et déjà mis “De sang froid” dans ma pile de lecture. 

  • “Tous les matins du monde”, de Pascal Quignard

Deux mots me sont venus à l’esprit au cours de ma lecture: “délicatesse” et “tristesse”.

Chaque chapitre est une évocation légère, très douce, de la vie et de ses tourments. Il n’y a pas d’insistance sur ses plus rudes moments, qui sont pourtant bel et bien présents. Les personnages ont d’ailleurs des vies peu heureuses, chacun en venant à éprouver des regrets qui semblent inéluctables au cours de la vie. Mais le plus important, c’est que ces derniers permettent enfin de comprendre ce qu’est la musique, le sujet au centre de ce roman.

Cette lecture a été très agréable, et bien que “Tous les matins du monde” soit un roman profondément mélancolique, il n’accable pas le lecteur et lui laisse une impression de douceur quand il quitte Mr de Sainte Colombe.

  • “Les fourmis”, de Bernard Werber

J’ai vraiment été très très déçue par ce roman.

J’ai trouvé la partie myrmécéenne (“fourmiesque” ;-) ) particulièrement réussie, avec des personnages bizarrement très bien campés psychologiquement parlant. Le mâle, la femelle, l’ouvrière… j’ai été passionnée par leurs aventures et par leur monde, si étrange à nos yeux de mammifères sur deux pattes.

Au contraire, la partie qui porte justement sur l’être humain m’a semblée complètement artificielle, avec une intrigue étirée le plus longtemps possible afin d’atteindre le coup de théâtre. Et pour ce qui est des personnages, ils sont caricaturaux avec une personnalité aussi épaisse qu’une feuille de papier Bible.

Dans l’avant-propos, Werber indique justement qu’il avait commencé son roman en se basant uniquement sur les fourmis, et qu’il avait dû rajouter la partie humaine suite à la demande d’un éditeur. D’après ce dernier, le public n’était pas encore prêt pour lire un roman basé uniquement sur des insectes. Eh bien franchement, j’aurais préféré n’avoir que la partie avec les fourmis, bien plus fouillée et cohérente que la partie avec les humains (l’explication à la disparition des différents protagonistes m’a semblée tout simplement ridicule).

Bref, comme vous l’aurez compris, j’ai trouvé que ce roman était gâché par une partie bien moins travaillée et intéressante que l’autre.

Je ne suis pas sûre de lire la suite… dommage, je possède la trilogie en une seule édition. :-( Je me demande si je ne vais pas la donner.

Par contre, le bon côté de la chose, c’est que j’avais ce bouquin en attente depuis au moins 2002, si pas 2001. Hop, un livre de moins sur ma pile à lire! ;-)

11 décembre 2008

Youhou!

Grâce à Babelio et son opération Masse Critique, je vais bientôt recevoir dans ma boîte aux lettres non pas un, mais deux livres:

  • “Instants d’oiseaux”, de Claude Feigné et Jacques Gillon
  • Et l’édition spéciale des “Cerfs-volants de Kaboul” de Khaled Hosseini

Merci à Babelio (et aux éditeurs participants à Masse Critique), ça va me faire deux beaux cadeaux de Noël!

(Maintenant il ne me reste plus qu’à terminer mon billet en cours et à écrire mon bilan concernant le Challenge ABC 2008, pour ne pas prendre encore plus de retard quand je recevrai les livres… Cours Forest, cours! )

16 novembre 2008

Défi de lecture blog-o-trésors

Alors que je suis en train d’essayer de terminer mon Challenge ABC 2008, je songe déjà à d’autres défis de lecture pour 2009… mais qui seraient moins contraignants, car le Challenge ABC aura été bien difficile à suivre pour moi.

C’est de cette façon que j’ai trouvé le défi de lecture “blog-o-trésors”, organisé par Grominou. Les règles sont toutes simples:

  • Faire une liste de 10 livres que vous avez adorés ou qui vous ont marqués, et la publier sur son blog. Tous les styles littéraires sont permis. Seule restriction, si un livre fait partie d’une série, il doit pouvoir se lire de façon indépendante.
  • Le signaler à Grominou sur le billet concernant le défi
  • Choisir 4 livres parmi la liste que Grominou va constituer à partir de toutes les suggestions des blogueurs
  • Les lire avant le 31 décembre 2009

Quatre livres en un an… c’est tout à fait faisable. ;-)

Donc voici ma liste (dans le désordre):

  1. Macbeth, de Shakespeare
  2. Les hauts de Hurlevent, d’Emily Brontë
  3. Dune, de Frank Herbert (à l’origine, “Dune” n’est qu’un seul et unique tome, dont le format poche a été découpé encore une fois par des sauvages les éditeurs français; cependant, en grand format il a gardé sa taille originale)
  4. L’avare, de Molière
  5. Le vieux qui lisait des romans d’amour, de Luis Sepulveda
  6. Cent ans de solitude, de Gabriel Garciá Márquez
  7. Jane Eyre, de Charlotte Brontë
  8. Suite française, d’Irène Némirovsky
  9. Virgin suicides, Jeffrey Eugenides
  10. Dieu et nous seuls pouvons, de Michel Folco

“Y a plus qu’à” attendre la super liste pour faire mon choix. J’ai hâte!

12 novembre 2008

Shutter island, de Dennis Lehane

Encore une fois, j’ai changé un des auteurs de ma liste et j’ai remplacé Jonathan Littell et ses “Bienveillantes” par “Shutter island” de Dennis Lehane.

En effet, après avoir lu “Suite française” d’Irène Nemirovsky je n’avais plus trop envie de me replonger à nouveau dans la seconde guerre mondiale et ses horreurs. De plus, j’ai été tellement marquée par ce dernier roman que j’avais peur d’être déçue par “Les bienveillantes”.

J’ai donc pris à la place un des livres achetés au Boekenfestijn et dont la quatrième de couverture a titillé ma curiosité. :-D

Un petit résumé maison de “Shutter island” (“l’île close” en français)?

Années 1950. Une prisonnière très dangereuse s’est évadée mystérieusement d’un asile d’aliénés situé sur une île au large de Boston. Les marshals Daniels et Aule sont envoyés sur place afin de la retrouver. Mais pas seulement. Car l’île renferme d’étranges secrets…

J’ai vraiment de la chance avec mon Challenge ABC. Jusque là il y a eu beaucoup de livres que j’ai vraiment aimés, et celui-ci en fait partie. Certes, ce n’est pas un coup de coeur mais il s’en est fallu de vraiment peu. Et pourtant, c’est un polar, un genre que j’apprécie peu en temps normal! :-)

J’ai vraiment beaucoup aimé l’ambiance qui se détache de se livre, ce sentiment de claustrophobie et d’angoisse qui augmente peu à peu, alors que l’histoire se fait de plus en plus complexe et que le lecteur se met à se demander où est-ce que cela peut bien le mener.

Les personnages sont également très fouillés et cela se sent que Dennis Lehane a essayé de les rendre les plus humains possibles, qu’il a travaillé à fond leur psychologie. Ils ont leur histoire, leurs doutes, leurs blessures… On s’attache à eux, on les comprend.

“Shutter island” m’a fait penser à “L.A Confidential” de James Ellroy… enfin, plus exactement à l’adaptation de “L.A Confidential” (j’ai le livre à la maison mais je n’ai pas encore eu le temps de le lire). Certainement car cela se situe à peu près à la même période. Egalement car on retrouve là aussi des policiers et des manigances, toutes plus tarabiscotées les unes que les autres. Aussi parce que les personnages féminins y sont aussi sombres et torturés que les personnages masculins (ce qui nous change).

Dans le même registre, “Shutter island” m’a évidemment fait pensé à un très chouette film, qui possède le même ressort dramatique. Mais je n’en dirai pas plus afin de ne rien gâcher. ;-)

Toutefois… il y a un petit bémol. Malheureusement pour moi, j’ai vu la fin arriver dès les 70 premières pages (tout comme ce fameux film dont on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom ;-) ). Alors que je ne vois jamais rien venir dans les polars que je lis de temps en temps (je préfère “suivre” l’auteur plutôt que de chercher à deviner ce qui va se passer). Peut-être l’ai-je su parce que je suis psy? Je ne sais pas. En tout cas, j’ai espéré tout au long du roman que la fin ne serait pas celle que j’entrevoyais, car elle me semblait trop simple. Mais encore une fois, je pense que ce petit embarras est lié à moi. J’ai en effet lu plein d’avis où les lecteurs étaient d’un avis tout à fait contraire au mien.

Malgré cela, j’ai néanmoins trouvé ce dénouement très bien ficelé et intéressant à lire, et il permet de comprendre tout ce qui s’est passé précédemment au cours du roman. C’est déjà pas mal! Certains auteurs laissent tout un nombre de questions sans réponse, ce que je trouve particulièrement frustrant. Là, rien à redire, Dennis Lehane a veillé au grain. :-D

8 novembre 2008

Mais qu’est-ce que c’est que ce truc?

Eh bien voici mon deuxième abandon de l’année, après “On s’est déjà vu quelque part?” de Nuala O’Faolain.

On ne peut pas dire que j’ai du nez en ce qui concerne la lettre Q de mon Challenge ABC. Après Queffélec et ses “Noces Barbares”, c’est Laurent Quintreau et ses “Marges brutes” qui ne passent pas.

Néanmoins… cette fois-ci j’aurai jeté l’éponge bien plus vite. A la moitié du premier chapitre, qui est pourtant très très court.

Mais avant d’aller plus loin, voici la quatrième de couverture:

Et si l’enfer n’était plus dans l’au-delà mais dans l’état-major d’une multinationale ? Onze cadres prennent la parole autour d’une table lors d’un sacro-saint comité de direction. Il y est question de dividendes, de restructuration et de licenciements. Mais aussi de l’intimité la plus triviale, des désirs les plus inavouables. Entre le quotidien minuté de la mère de famille et le cynisme dépravé du jeune branché, entre le désespoir glacé de la directrice du personnel, la perversion froide de la femme de pouvoir et les fantasmes libidineux du bellâtre bureaucrate, un seul point commun : chacun, du fond de sa frustration, est en guerre contre tous les autres. Au centre de cette Divine Comédie, tel une sorte de Lucifer boursier, trône Rorty, le président, ” nettoyeur aux mains propres, serial-killer au regard d’azur “.

J’ai éprouvé une réaction de rejet extrêmement rare face à ce… “roman”. Pourquoi? C’est bien simple: j’ai eu la très nette impression qu’on se foutait de moi. Le premier chapitre commence par une réunion au sein de la fameuse entreprise dont parle le résumé de l’éditeur. Le lecteur perçoit cette réunion par les yeux d’une femme, et en même temps qu’il “entend” ce que le boss raconte et qu’il “voit” ce que font les autres membres de la réunion, il “entend” également le discours intérieur de cette femme.

Ce qui se traduit en pratique par une phrase qui dure vraisemblablement tout le chapitre (je n’ai pas eu le courage d’aller jusque là) et des sauts du coq à l’âne à peu près à chaque ligne. Quant au style… il est principalement constitué de micro-phrases entrecoupées tous les trois à cinq mots de virgule. Ah, sans oublier l’amoncellement d’informations à ingurgiter pendant les premières pages, avec les trente-six collègues et la vie personnelle de la narratrice.

Ce type de “procédé” m’a rappelé deux auteurs:

  • García Márquez et ses phrases interminables, qui ressemblent à des mélopées… Enveloppantes et enivrantes.
  • Virginia Woolf et son “stream of consciousness” où en gros elle écrivait tout ce qui lui passait par la tête.

Cependant, si les quelques pages que j’ai parcourues m’ont évoqué ces auteurs… elles n’en avaient certainement pas le talent ni l’inspiration.

Au bout de trois pages je me suis sentie complètement noyée avec le très fort sentiment de n’en avoir strictement rien à faire des personnages et de leur vie. Je lisais sans lire, je déchiffrais les mots mais les (morceaux de) phrases ne parvenaient pas à s’assembler. J’ai donc préféré abandonner ce livre plutôt que m’infliger le quasi supplice de devoir relire chaque chapitre plusieurs fois afin de le comprendre.

Pour finir, un extrait de ce “roman” (que je vais m’empresser de ramener à la bibliothèque):

“… David, en voilà un au moins qui savait m’aimer, trop peut-être, tellement possessif, jaloux, passionné, à force il m’étouffait, si j’avais eu le courage de l’affronter, au lieu de partir du jour au lendemain comme une voleuse, nous serions toujours ensemble, je n’aurais pas rencontré Denis, je ne travaillerais pas ici, nous habiterions encore New York, à la place de Chloé j’aurais eu une autre petite fille, peut-être un garçon, je vivrais dans une jolie maison de Greenwich Village, entourée d’arbres et de verdure, Rorty répète sa volonté de hisser l’entreprise au plus haut niveau de compétitivité et d’expertise pour devenir les leaders du secteur, oui, les leaders en communication corporate mais pour cela nous devons continuer à conquérir des parts de marché, gagner de nouveaux clients, être les plus agressifs, les plus mordants, c’est une question de vie ou de mort pour l’entreprise comme pour les hommes qui la composent, nous sommes tous dans le même bateau, les résultats sont encourageants mais le marché reste menaçant, l’avenir plus qu’incertain et les frais de fonctionnement lourds, très lourds, sans parler des charges salariales, hélas, nous sommes tous dans le même bateau mais si le bateau est trop lourd tout le monde tombe à l’eau, réaorganiser une entreprise c’est en extraire le meilleur, rien que le meilleur, j’espère que Chloé s’entend bien avec sa nouvelle nounou…”