Un petit résumé pour se mettre en jambe? Allez hop :
Ce roman narre la vie d’Okonkwo, un homme fort très respecté dans la confédération des villages d’Umuofia, située quelque part en Afrique. Par son biais le lecteur est invité à découvrir la vie d’un village africain au XIX° siècle (c’est ce que je suppose d’après les indices fournis par l’auteur), avant et pendant la colonisation par l’homme blanc.
J’ai découvert ce roman grâce à Boréale qui, il y a quelques temps déjà, avait fait sur son ancien blog un billet sur ce livre qu’elle avait beaucoup aimé. Par l’odeur alléchée, j’avais commandé ce bouquin et je l’avais gardé en stock, en attendant qu’il me fasse de la page.
L’attente a été à la hauteur du coup de coeur que j’ai éprouvé pour “le monde s’effondre”. Je l’ai dévoré en un jour et demi, en regrettant de voir les pages défiler si vite.
Ce livre est tout à fait fascinant, quand on le commence il est impossible de le laisser, c’est un véritable conte qui vous aspire dans son monde. On suit dans son parcours Okwonko qui comme tous les héros est fort, déterminé et ambitieux, et qui comme tous les héros vit des choses tout à fait extraordinaires. Il vit dans un monde où les dieux existent et peuvent être rencontrés, un monde où la magie existe, un monde où les esprits des ancêtres rendent la justice. Il vit des épreuves très difficiles, obtient de grandes récompenses, mène des combats mythiques… jusqu’au jour où tout bascule et où Okwonko est happé par son destin, aussi tragique que celui d’un héros grec.
La comparaison vous paraît incongrue dans un tel contexte? Elle ne l’est pas tant que ça. Les codes auxquels nous sommes habitués se retrouvent dans ce récit. Certes, beaucoup d’éléments nous sont en partie ou en totalité inconnus : rien que les instruments de musique et la nourriture nous indiquent que nous ne sommes pas en terrain connu. Certaines lois peuvent paraître barbares, certains comportements choquants… mais au final, ils ne le sont pas tant que ça pour celui qui accepte le récit sans y appliquer ses propres jugements de valeur. Cela peut paraître difficile mais ça ne l’est pas du tout, tant Achebe met en oeuvre toute sa capacité à rapprocher le lecteur de “son” Afrique.
Car bien que l’action se passe dans une autre culture que la nôtre, avec d’autres coutumes, sur un autre continent, dans un autre siècle… nous nous retrouvons aussitôt dans la peau de ces villageois, nos différences sont effacées pour faire place à une complète empathie. Okwonko est un homme très dur obsédé par le prestige et la réussite par le travail, l’une de ses épouses est inquiète pour son unique enfant, des fêtes ont lieu lors des occasions habituelles comme les mariages… rien de tout cela ne nous est inconnu. Achebe nous rapproche de ces gens, nous les comprenons. Ainsi, lorsque le monde commence à s’effondrer par pans entiers, nous comprenons leur angoisse et leur colère face à la disparition de tout ce qu’ils ont toujours connu. “L’homme blanc” nous apparaît comme étrange, son monde est incompréhensible. Venu de nulle part il impose de nouvelles lois et une nouvelle religion sans prendre en compte ceux qui existaient déjà avant son arrivée. Pourquoi? On ne le sait pas. C’est comme ça.
Comme pour ceux qui ont réellement vécu cette période, nous voyons le monde tel qu’il a toujours été disparaître sans qu’une seule explication puisse y être apportée.
Le passé est balayé, et avec lui ceux qui sont incapables de s’adapter. Y compris les héros, devenus inutiles dans la nouvelle société.
Mon premier gros gros coup de coeur de l’année 2009. ![]()
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“Le monde s’effondre” est à ce qu’il semblerait un grand classique de la littérature anglophone. Dommage qu’il ne soit pas plus connu par ici. Pour en savoir plus, un lien vers l’article Wikipédia en anglais (celui en français est pas super avec une traduction aléatoire).
Et voilà l’article consacré à Chinua Achebe, toujours en anglais.
Il est à noter qu’il semblerait que le traducteur ait fait une erreur de pays dans sa traduction. Il indique le Niger, qui est un pays francophone et une ancienne colonie française, alors que “le monde s’effondre” décrit une colonie gouvernée par une grande reine, ce qui correspondrait plutôt au pays d’origine de Chinua Achebe : le Nigéria, anciennement colonie anglaise.
12 commentaires
13 avril 2009 à 20:27
Je n’aime pas beaucoup Chinua Achebe. Je l’avoue tout de suite, comme ça c’est dit. Je ne l’aime pas, non pas à cause de sa prose (je n’ai pas lu “Le monde s’effondre”, qui est effectivement considéré dans le monde anglo-saxon comme un classique) mais à cause de sa critique de Joseph Conrad. Achebe, en plus d’être romancier, est également universitaire, et a commis dans les années 70 un certain article sur “Coeur des Ténèbres” de Conrad dans lequel il traitait l’auteur d’origine polonaise de “bloody racist” (“connard de raciste”), ce qui montrait 1) une non-compréhension totale de la nouvelle en question, et, partant, de la littérature en général, et 2) un manque absolu de recul, nécessaire au travail scientifique de l’universitaire.
Bref, on ne peut pas dire qu’avec tout ça, je fus tenté de me plonger dans ses oeuvres, même les plus célèbres…
Puis-je vous conseiller de lire “Coeur des Ténèbres”? Histoire d’avoir une autre vue des choses… et même “Le devoir de violence” de Yambo Ouloguem – car il y a autre chose que Achebe, quand même.
13 avril 2009 à 21:41
Merci pour ce commentaire très intéressant!
J’ai déjà “au coeur des ténèbres” en réserve, par contre je ne connais pas du tout Yambo Ouologuem. Je vais me renseigner sur son oeuvre.
16 avril 2009 à 14:04
haaaaaaaan je suis vraiment heureuse que tu aies “rencontré” ce livre à ton tour.
c’est une belle et forte lecture !
16 avril 2009 à 17:54
Grâce à toi Aurore, merci!
29 avril 2009 à 14:01
bon livre,je l’adore.
18 mai 2009 à 18:26
Oh Mon Dieu c est un bon Roman.
18 mai 2009 à 18:34
Nous sommes d’accord.
25 mai 2009 à 14:24
Je n’admire pas l’homme pour ce qu’il est ,mais pour ce qu’il fait.Et je crois,pour ma part, que c’est ce qui importe. J’ai lu (Things fall aparts)le monde s’effondre en classe de seconde.Et sans ambages,j’avoue que c’est une oeuvre merveilleuse commise avec beaucoup de maestria,car la verve narrative de son auteur est notoire. Chapeau et ……..
25 mai 2009 à 22:19
Moïse, je pense que tu as aimé le livre encore plus que moi.
3 juin 2009 à 15:29
j ai beaucoup apprecier ce roman et je pense qu okonkwo n est qu une victime du brassage du christianisme et nos tradition.il n a pas su supporter l installation des hommes blancs et aynt constater que son espoir de retouver son peuple qui avait laisse etait vin il s est donné la mort.
3 juin 2009 à 18:33
C’est aussi comme ça que je l’ai vu : incapable de supporter le changement et de s’y adapter, il ne pouvait que disparaître avec le monde qui était le sien. Dans ce nouveau monde il n’y avait plus de place pour lui.
8 octobre 2009 à 21:21
j’ai beaucoup aimée ce livre c’est très intéressant