Désolée je ne mets pas souvent mon blog à jour ces temps-ci, mais que voulez-vous, depuis quelques semaines je lis à la vitesse d’une tortue sous calmants… ce qui n’aide pas beaucoup à faire des articles.
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Changement complet de décor après ma lecture précédente, nous passons maintenant aux relations amoureuses et conjugales avec Somerset Maugham.
L’histoire est simple : au début du XX° siècle, Bertha Ley, une jeune fille de la noblesse anglaise tombe amoureuse d’un de ses métayers, Mr Craddock. Elle décide alors de l’épouser en dépit de leur différence de statut. La suite du récit nous contera les hauts et les bas de cette histoire d’amour.
Si vous aimez les histoires d’amour heureux où les couples s’aiment pour toujours, vous pouvez d’ores et déjà passer votre chemin, ce roman va pulvériser vos espoirs. Pourtant, tout commence bien : elle est belle, il est beau, elle est amoureuse et décidée, il est amoureux mais n’ose l’avouer, une barrière sociale les empêche de s’aimer mais elle s’en fiche complètement, ils finissent alors par s’avouer leurs sentiments puis se marient.
Un vrai conte de fée.
Mais Maugham ne paraît pas avoir particulièrement apprécié ce type de conte, il était même plutôt très terre-à-terre. C’est ainsi que cet univers si bien ordonné commence peu à peu à basculer dans la réalité de tous les couples : après la phase amoureuse où tout est beau et parfait chez l’autre suit la phase de prise en compte de l’autre tel qui l’est réellement et pas tel qu’on voudrait qu’il soit. Différences de mode de vie, de tempérament, d’attentes, d’intérêts, disputes, compromis, compromissions, arrangements, incompréhensions mutuelles…
Bertha Craddock se rend bien vite compte qu’elle et son époux n’ont pas grand-chose en commun et qu’elle a été peut-être un peu trop vite en besogne. Trop tard, il faut maintenant vivre avec cet inconnu qui ne la comprend absolument pas et réciproquement.
S’ensuivent des désillusions toutes plus blessantes pour Bertha. Il y a de l’Emma Bovary en elle, elle est incapable de s’adapter à la banale réalité, il faut forcément que la vie de couple soit mieux que ça, qu’elle la transcende. Ou bien alors qu’elle trouve ailleurs ce qui lui fait défaut, puisque le divorce n’est pas franchement entré dans les moeurs à l’aube du XX° siècle.
Cette pauvre Bertha cherchera ainsi plusieurs échappatoires, coincée entre la liberté à laquelle elle aspire et les contraintes que la société lui impose. Malheureusement pour elle, sa quête sera vaine. Car seuls les personnages de contes de fée peuvent vivre dans un monde aussi parfait.
Somerset Maugham a réalisé un travail extraordinaire avec ce roman, aucun petit détail de la vie de couple ne lui a échappé. Et tout cela dans un style délectable! L’ironie de l’auteur et son imitation parfaite des romans à l’eau de rose font passer de très bons moments de lecture, on déguste chaque ligne comme un carré de chocolat.
Bref, je recommande vraiment la lecture de “Mrs Craddock”, cela donne un très bon aperçu du goufre qui peut séparer les attentes des membres d’un couple. Voire carrément éviter des désillusions et aider à comprendre l’autre!
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P.S : La couverture de mon édition est atroce, ne vous y arrêtez pas.

Cette année, c’est Alexander Kent qui me fait rêver avec l’un des tomes consacrés au capitaine Bolitho (il y en a une trentaine). Pas le premier malheureusement, les traductions en français étant parues dans le désordre à ce qu’il semblerait (par rapport au cycle originel) et une bonne partie de ces dernières étant indisponibles à l’heure actuelle. Donc pour découvrir le capitaine Richard Bolitho j’ai commencé par… le douzième tome. C’est pas l’idéal, mais contrairement à ce que je pouvais craindre, l’histoire se suffit à elle-même et mis à part quelques petits passages où on sent bien qu’il s’est passé quelque chose “avant”, pas besoin de sous-titres pour comprendre de quoi il retourne.
J’ai découvert ce roman grâce à
champ de bataille où s’affrontent un maire et son propre père, médecin atrabilaire et libre penseur. Marcello Tricotin, en ce début de XXe siècle, n’aspire qu’à poursuivre sa vie monotone au creux de la vallée du Piémont qui l’a vu naître. Mais les histoires de famille sont effroyables. A cause de l’ulcère gastro-duénale paternel et d’une clause testamentaire résolument tordue, Marcello Tricotin, le plus casanier et le plus timoré des hommes, est contraint d’entreprendre un périple mouvementé à travers le royaume austro-hongrois. Il y découvre qu’il est un authentique fils de pute et propriétaire d’un bordel presque chic. Il rencontrera Sigmund Freud. Il sera frappé par la foudre céleste. Et il séjournera même, quinze minutes durant, à quinze mètres de fond, dans les eaux du Danube. Tout cela s’achèvera par une vengeance exemplaire, édifiante et radicale. Accessoirement, l’abominable voyage de Marcello permet la résolution d’un mystère scientifique de premier ordre, dévoilant enfin aux historiens ébahis l’identité du douanier impérial et royal à la retraite Aloïs Schickelgruber-Hitler.
Cruel et très cru car Michel Folco n’est pas tendre dans ses romans et il n’hésite pas à malmener ses personnages en même temps que son lecteur. L’exemple le plus frappant est le passage où il décrit l’embaumement du Général Charlemagne Tricotin, trucidé dès l’introduction… alors qu’il vient tout juste de se marier. On y apprend ainsi quelques détails bien peu ragoûtants sur le processus de momification en lui-même, tout en découvrant si on n’est pas au courant la façon dont le corps humain se comporte après la mort. On a le bruit et l’odeur en quelque sorte. Cela peut faire grincer des dents, soulever le coeur… ou rigoler. Tout dépend du lecteur et de sa sensibilité. Mais les plus sensibles seront certainement très vites écoeurés, car Folco ne s’arrête pas en si bon chemin. La scène d’amputation est pas mal dans le genre.